Pour diriger un business rentable, la question se pose rapidement : “je me verse un salaire, une épargne salariale, des dividendes… ou un mix ?”

Pour diriger un business rentable, la question se pose rapidement : “je me verse un salaire, une épargne salariale, des dividendes… ou un mix ?”
Un mauvais choix peut coûter cher (cotisations inutiles, impôt mal calibré, revenus irréguliers, protection sociale insuffisante).
Le bon choix au contraire permet de maximiser la rémunération nette, de sécuriser un minimum de couverture, et surtout de garder de la flexibilité (trésorerie, investissements dans de nouveaux projets, préparation d’une cession).
📌 Tout en salaire : se verser uniquement des salaires c’est privilégier la sécurité, car vous avez des revenus réguliers et une protection sociale plus complète. En contrepartie, le coût global (cotisations + imposition) est plus élevé…
📌 Tout en dividendes : avec uniquement des dividendes, vous cherchez surtout l’optimisation du “net in the pocket” (à niveau de résultat comparable, le net perçu peut être plus élevé). Mais le revers est important : peu ou pas de droits sociaux, pas de revenus réguliers, et des contraintes de distribution (bénéfices distribuables, calendrier d’approbation, etc.).
📌 Salaire + épargne salariale + dividendes (mix) : c’est souvent l’approche la plus robuste, car vous sécurisez d’abord un socle de salaire (protection + régularité + éviter la taxe Puma) et d’épargne salariale, puis vous complétez avec des dividendes quand l’entreprise le permet (optimisation du net).
Quand vous êtes dirigeant, la vraie question n’est pas - salaire ou dividendes ? - mais plutôt : quel équilibre trouver entre les deux pour (1) vous payer correctement, (2) rester protégé, et (3) garder de la souplesse dans le pilotage de votre entreprise.
💡 Note : Par simplicité de lecture, nous parlerons de “salaire”, mais en réalité le régime juridique varie selon votre statut : SAS/SASU (régime général) vs SARL/EURL (gérance, avec un traitement fiscal spécifique via l’article 62 du CGI).
Un salaire a un coût, c’est vrai. Mais il crée quelque chose que les dividendes ne créent pas : des droits sociaux (maladie, retraite, prévoyance selon les cas) et une régularité de revenus.
En pratique, c’est souvent le bon outil pour :
➡️ Les salaires ne sont donc pas seulement un moyen de « sortir l’argent de l’entreprise » pour vous payer. En France, ils constituent un socle quasi-indispensable (protection, régularité, visibilité) sans pour autant justifier un schéma 100 % salaires (dans la plupart des cas, tout l’enjeu est d’ajuster ce socle, puis d’optimiser le reste).
Les dividendes sont intéressants sur le plan du net perçu, mais ils viennent avec trois contraintes que beaucoup de dirigeants sous-estiment.
Il faut des bénéfices distribuables, respecter un calendrier (approbation, décision de distribution), et assumer une logique moins régulière qu’un salaire.
Avant d’arriver dans votre poche, les dividendes passent par :
Si vous êtes gérant majoritaire de SARL/EURL, la part de dividendes qui excède 10 % du total : capital social + primes d’émission + sommes versées en compte courant d’associé, est intégrée à l’assiette des cotisations sociales (au lieu d’être traitée uniquement comme un revenu du capital).
À l’inverse, si vous êtes assimilé salarié (ex. président de SAS/SASU), les dividendes n’entrent pas dans cette mécanique de cotisations.
➡️ Autrement dit, croire que « les dividendes coûtent toujours moins cher que se verser un salaire » est une simplification. Selon votre statut et la structure de votre société, l’écart peut fortement se réduire… voire s’inverser.
💡 Point de vigilance souvent oublié : Si vous ne vous versez que des dividendes et que vos revenus d’activité cotisants sont trop faibles, vous pouvez être redevable de la cotisation subsidiaire maladie (taxe PUMa), un mécanisme qui vise à rééquilibrer la contribution au financement de l’assurance maladie.
Pour sortir du débat théorique “salaires vs dividendes” et voir ce qui se passe dans la vraie vie, prenons un cas simple.
Imaginez Sophie, dirigeante d’une SASU (activité de services). Cette année, son entreprise dégage 180 000 € de résultat avant rémunération de la dirigeante et avant imposition.
Elle hésite entre les deux options extrêmes :
L’objectif est de comparer le net en poche et la protection sociale (qui dépend toujours de votre situation familiale, de vos autres revenus, etc.).
Avec un résultat de 180 000 €, l’entreprise s’acquitte de l’IS (taux réduit sur une tranche puis taux normal, selon les conditions en vigueur).
Pour donner un ordre de grandeur, retenons un IS total d’environ 40 000 €. Il reste donc environ 140 000 € distribuables.
Par défaut, les dividendes perçus à titre personnel passent au PFU (flat tax) au taux global de 31,4 % (impôt sur le revenu + prélèvements sociaux).
➡️ Concrètement, sur 140 000 € de dividendes, cela représente environ 44 000 € de prélèvements, soit un net estimatif d’environ 96 000 €. Sachant que les prélèvements sociaux payés n’ouvrent pas de droits sociaux.
💡 Note : Le conjoint de Sophie est salarié cadre et verse des cotisations sociales ; à l’échelle du foyer, cela permet en principe d’écarter l’assujettissement à la cotisation subsidiaire maladie (dite “taxe PUMa”).
Ici, Sophie se verse 180 000 € en coût employeur (rémunération “superbrute” côté société). L’entreprise a alors beaucoup moins de résultat taxable (l’IS devient faible ou nul selon le niveau exact de charges). En contrepartie, la fiche de paie déclenche des cotisations sociales significatives.
Pour une SASU (dirigeant assimilé salarié), à titre d’ordre de grandeur, les cotisations sociales représentent environ 40 à 45 % du coût employeur (avec des variations selon la situation exacte).
➡️ Donc sur 180 000 € :
Les principaux avantages pour Sophie sont ici de cotiser à des régimes obligatoires et d’ouvrir des droits (notamment en matière de santé et de retraite) grâce à une rémunération soumise à cotisations sociales.
Cela dit, si Sophie souhaite limiter autant que possible sa dépendance au système par répartition, une stratégie fréquente consiste à fixer une rémunération socle permettant de valider ses trimestres et de conserver une protection minimale, puis à compléter sa rémunération par des dividendes. Elle peut alors renforcer, en parallèle, une logique de capitalisation à titre personnel (selon ses objectifs, son horizon et sa situation).
Au final, se verser à la fois des salaires et des dividendes est, dans la plupart des cas, l’approche la plus pertinente.
Tout se joue sur le bon équilibre qui dépend notamment :
et, plus personnellement, de votre manière de mettre en balance les systèmes publics et privés : niveau de protection que vous souhaitez conserver via les cotisations, place que vous accordez à la capitalisation, tolérance au risque, etc.

Ce mix fonctionne bien pour une raison simple : il vous laisse un minimum de sécurité grâce aux salaires, vous permet d’optimiser votre net quand la rentabilité le permet via les dividendes, et évite de vous retrouver dépendant d’une unique distribution annuelle (ou fragilisé en cas d’aléa).
Sophie décide de se verser 90 000 € de coût employeur en rémunération (côté SASU), et laisse le reste en résultat distribuable.
D’abord, la rémunération consomme une partie du résultat : il reste alors environ 90 000 € de résultat avant IS (180 000 € – 90 000 €). Sur ces 90 000 €, l’entreprise paie ensuite l’IS ; à l’ordre de grandeur, retenons environ 20 000 € d’IS, ce qui laisse environ 70 000 € distribuables.
Côté Sophie, cela donne deux flux :
➡️ Au total, Sophie se retrouve donc avec un net global de 93 000 €, tout en conservant une base de protection via les salaires (et un complément optimisé via les dividendes). Ce mix lui permet aussi de garder de la flexibilité pour investir, lisser sa trésorerie, ou préparer une étape clé (croissance, build-up, cession).
Et selon sa configuration, elle peut encore affiner ce schéma chaque année à la marge avec des leviers complémentaires, comme l’épargne salariale (PEE / PERECO) ou certains avantages en nature et frais professionnels (par exemple : véhicule, téléphonie, matériel, remboursements de frais dûment justifiés).
Quels sont les 3 critères qui permettent d’équilibrer la rémunération du dirigeant entre salaires et dividendes ?
Puis-je profiter de l’épargne salariale en tant que dirigeant ? L’épargne salariale peut-elle remplacer un salaire ?
En pratique, le dirigeant (et, selon les cas, le conjoint/partenaire) peut accéder à l’épargne salariale dans les entreprises de 1 à 250 salariés, à condition qu’il y ait au moins un salarié (autre que le dirigeant) dans l’entreprise.
C’est un complément, pas un substitut à une rémunération qui structure votre protection sociale et votre régularité de revenus. Et elle suppose un cadre (plan, mise en place, plafonds, calendrier) qui n’a rien d’un salaire mensuel.
Quel est l’impact d’une holding sur la rémunération du dirigeant ?
Une holding change surtout l’endroit où la trésorerie s’accumule… et donc le moment où vous payez l’impôt à titre personnel.
Si votre société opérationnelle (la “filiale”) distribue des dividendes à votre holding, vous pouvez, sous conditions, bénéficier du régime mère-fille : les dividendes reçus par la holding sont quasi exonérés d’IS, avec une quote-part de frais et charges de 5 % qui reste imposable.
Concrètement, cela évite une double imposition “société → société” et laisse davantage de cash dans la holding pour réinvestir (croissance, acquisitions, immobilier, placements, etc.).
En revanche, dès que vous sortez l’argent vers vous, personne physique, vous retombez sur les logiques classiques :
Autrement dit : la holding est souvent excellente pour capitaliser et réinvestir, mais si votre objectif est de consommer le cash tout de suite, elle ne supprime pas la question “rémunération vs dividendes”..., elle la déplace.
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